Retour vers le futur (3ème partie de "Une vie bien réglée")

Publié le 13/03/2014 à 22:16 par samson
Retour vers le futur (3ème partie de "Une vie bien réglée")

Nous avions décollé de Munich depuis une heure quand notre avion, un Breguet XIV, donna des signes de faiblesse. La jauge d'essence indiquait que nos deux réservoirs d'une capacité chacun de 130 litres étaient vides alors que le plein avait été fait avant le départ. Nous devions parcourir 842 km en environ 6 heures pour relier Munich à Paris avec une halte à mi chemin à Saarbrucken.

 

Notre évasion de l'Allemagne était elle parvenue aux oreilles de ceux qui n'avaient pas intérêt à ce que deux agents doubles quittent le territoire germanique en pleine montée du fascisme ?

Avions nous été victime d'un sabotage des deux réservoirs de l'avion alors que l'avion était encore dans son hangar ?

De toute évidence, il y avait eu une fuite de carburant et après quelques ratés le moteur de 300 chevaux se tue définitivement en nous laissant dans un lugubre silence avec le vent pour seul compagnon.

 

Très vite, l'avion perdit de la hauteur et nous n'eûmes que le temps d'une brève prière avant de nous écraser au sol, quelque part dans la Sarre, à la frontière de la France et de l'Allemagne. Je ne reverrais plus ni la Bavière ni ne connaîtrais le Paris insouciant de l'après guerre ni même celui de 2014, si tant est que celui ci n'ait pas été un pur produit de mon imagination.

Un avion s'écrasa dans la nuit avec à son bord un homme et une femme dont l'identité ne fut jamais retrouvée.

 

A 7 heures du matin, ce 14 mars 2014 mon réveil sonna. J'étais affalé sur la moquette de mon salon qui ressemblait plus à un champs de bataille qu'à un salon. Un troupeau d'éléphant semblait l'avoir traversé en dévastant tout sur son passage et moi avec.

 

J'avais un horrible mal de crâne et d'affreuses courbatures sur tout le corps. J'essayais de rassembler péniblement mes pensées, aussi sans dessus-dessous que mes meubles, pour tenter de comprendre ce qu'il venait de se passer. Mon dernier souvenir était le sol qui arrivait à grande vitesse dans la nuit, avec cette désagréable impression que j'allais m'y écraser.

 

J'étais comme un homme sortant d'un long coma et dont les sens se remettent progressivement à fonctionner les uns après les autres. C'est la vue qui me revint en premier. Je reconnus le lustre design de mon salon que j'avais acheté après la mort de ma femme. Puis je sentis qu'une chose humide mouillait ma peau. C'était mon chien qui geignait et me léchait le visage comme pour me réveiller. Toutes mes articulations et mes muscles étaient endoloris.

 

Quand j'essayais de me relever, je trouvais à peine la force d'aller me vautrer dans mon canapé. Je restais comme hébété dns cette position pendant des heures. Petit à petit, tout me revenait en mémoire : Mon retour de la banque hier soir à Paris, mon irruption soudaine dans la brasserie à Munich dans la même soirée, la rencontre de Greta, ma fuite en avion avec Birgit et le crash de l'appareil en pleine nuit puis le trou complet.

 

L'horloge indiquait 14 heures quand le téléphone sonna. C'était le directeur de la banque qui s'inquiétait de mon absence. Il se rendit compte à ma voix pâteuse que quelque chose n'allait pas. Voulez vous que je vous envoie un médecin ? me demanda t il.

Je trouvais l'énergie de le remercier en lui disant que je l'avais appelé. A moitié rassuré, il me dit : Soignez vous et surtout reposez vous le temps qu'il faut. Il vous faut revenir en forme. Et si vous avez besoin de quelque chose, surtout n'hésitez pas !

 

Je suis resté toute la journée avec cette sorte de gueule de bois sans alcool. Je n'ai appelé aucun médecin mais toutes les heures, je me suis astreint à boire du jus de fruit en laissant faire la nature. Je revins ainsi petit à petit à mon état normal, enfin normal pas vraiment, car depuis 24 heures rien n'était normal.

 

J'allais avoir une sérieuse énigme à résoudre avec l'aide de mon psychiatre, pour expliquer rationnellement ce que je venais de vivre ces dernières heures. Une question me taraudait. Avais je été le jouet d'hallucinations de mon cerveau ou étais je réellement à Munich le 8 novembre 1923 avant le putsch de Hitler ?

 

Je décidai de tirer çà au clair dans les jours suivants en allant fouiller dans les archives de la bibliothèque nationale des articles de journaux du 9 novembre 1923 évoquant un crash d'avion la veille dans les environs de Sarreguemines.

 

Coté travail, je repris mon poste après 48 heures de repos en expliquant à mon patron que mon médecin avait parlé de surmenage professionnel pouvant me mener au burn-out. Mon patron me dit d'un ton paternaliste, mais sans en croire un mot, que j'étais un homme trop consciencieux et qu'il fallait me ménager. J'appréciais cependant sa gentillesse même si elle était en partie feinte et le rassurais en lui confirmant que tout était rentré dans l'ordre. Trop content de me voir reprendre mon travail comme si de rien n'était, il ne me posa plus de questions et je vis à l'expression de son visage qu'il était satisfait que ses affaires reprennent. Il remarqua simplement dans les jours suivant que je buvais maintenant de la bière à chaque repas, la Weisse, une bière blanche très en vogue à Munich dans les milieux branchés, chose à laquelle je ne l'avais pas habitué auparavant.

 

Cela l'étonna d'autant plus que je lui avais renvoyé jusqu'à ce jour l'image d'un homme à la vie rangée qui ne changeait jamais ses habitudes.

Afin de rassurer tous mes collègues, je ne leur montrais également aucun signe de changement, à tel point qu'ils en arrivèrent à la conclusion que j'avais fait une gastro-entérite.

 

Si mes jours étaient calmes mais nuit devinrent très agitées. Dés la tombée du jour mon cerveau cherchait constamment à comprendre ce qu'il venait de vivre. Dès que j'avais du temps de libre, je passais des heures le nez dans les archives à la recherche de la moindre information sur la journée du 8 novembre 1923 à Munich et de la nuit du 8 et 9 novembre 1923 dans le ciel du coté de Saarbrucken.

 

J'épluchais tous les journaux locaux et régionaux de l'époque. Mes efforts furent récompensés à un moment où je commençais à envisager de cesser mes recherches en l'absence du moindre indice des événements dont je croyais en avoir le souvenir. J'en étais venu à penser que tout n'était qu'illusion de mon esprit et que j'avais peut être fait après tout une sorte de pétage de plomb de mon cerveau par surcharge de travail.

 

C'est vers 18 heures du soir, trois mois après le début de mes recherches, que je tombais sur un journal local allemand du 10 novembre 1923 qui relatait un accident d'avion dans les environs de Saarbrucken avec à son bord deux personnes de nationalité allemande qui avaient été identifiées comme Frau Birgit Brunhilde und Hans Schmitt. L'identité véritable de ces deux personnes n'était pas mentionnée, ce qui laissait à penser qu'aucune enquête approfondie n'avaient été faites sur ces deux personnes, à moins que le journal ait été empêché de dire toute la vérité aux lecteurs.

 

Je restais stupéfait mais paradoxalement soulagé de cette nouvelle. Je n'avais donc pas rêvé tous ces évènements.

Ce dont je me souvenais avait donc réellement eu lieu, aussi vrai que le putsch avait eu lieu, et j'étais mort dans un crash d'avion avant ma naissance en compagnie d'une certaine Birgit qui, je n'en doutais plus, avait elle aussi existé.

Moi qui avait été toujours été un homme matérialiste se méfiant de toute interprétation religieuse, ésotérique ou paranormale de phénomènes inexpliqués, je me retrouvais au cœur d'un phénomène inexpliqué.

 

Mes convictions commencèrent à vaciller sérieusement à travers de ce que j'avais vécu et je voyais maintenant ma vie et l'univers entier comme un immense mystère.

Cela provoqua en moi une véritable crise existentielle. Je me mis à dévorer toute une littérature parlant de ces phénomènes, de la Bible à la Bhagavad Gita en passant par le Livre des Morts et tous les livres parlant sur le sujet du voyage dans le temps ainsi que de la réincarnation et des vies antérieures.

 

Se pourrait il que je sois la réincarnation d'un agent double français qui aurait vécu les événements de Munich en novembre 1923, serait mort tragiquement dans un accident d'avion et serait revenu sur terre à travers ma naissance ?

 

Tout ceci me paraissait invraisemblable mais je ne trouvais aucune explication plus logique que celle ci. Moi qui me croyais être une personne insignifiante, un banal employé de banque, j'étais donc une personne unique au monde.

 

J'avais pris la décision de ne finalement pas parler de ces évènements à mon psychiatre qui n'aurait pas manqué de me diagnostiquer une schizophrénie débutante.

 

Aprés réflexion je décidais de me confier à un moine avec qui je m'étais lié d'amitié au temple bouddhiste que je fréquentais régulièrement avant ces évènements. J'espérais qu'il m'apporterait des réponses aux nombreuses questions que je me posais désormais sur le sens de la vie.

 

Y aurait il une vie non seulement aprés notre mort mais avons nous également déjà vécu une ou des vies avant notre mort ?

Toute mon explication rationnelle et matérialiste de l'univers et de ma vie était à mettre au panier. Elle s'était fracassée en même temps que l'avion dans la nuit du 8 au 9 novembre 1923.

 

J'étais bien décidé à trouver le sens de la vie avant de quitter ce monde, avec ou sans l'aide de mon ami bouddhiste.

 

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Commentaires (1)

pantherspirit le 23/03/2014
Désolée, Philippe, d'être légèrement en retard par rapport à ma promesse ! Que veux-tu, en ma mission du moment Top-Motus-Et-Bouche-Cousue, The Secret Services of Her Majesty, a eu la lubie de me demander d'être un satellite de reconnaissance autour de la terre ! Bien sur, je me suis rebellée contre cette ineptie, mais la réponse suivante m'a été donné in pure English dont je te traduit l'essentiel: " C'est non négociable, Agent Panther, sinon, on vous renvoie en 1942, pour tirer la moustache à Adolf "!
J'ai bien rétorqué que c'était complètement idiot, et sans aucun intérêt ( sauf de finir en carpette devant la cheminée d'Adolf), et que l'autre mission l'était tout autant ( Idiote !), j'ai du jouer à me propulser en orbite autour de la grande bleue ...Heureusement, mon très bon ami Bond, a trouvé un prétexte pour me faire rentrer ... Il était temps, je commençais à avoir un sacré vertige .

Mais revenons à notre histoire à Nous !
Mine de rien, j'ai des doutes. Je t'explique mon hypothèse :
Peut-être que notre Breguet XIV s'est scratché ainsi que tu le dis et que les petites coupures de l'époque l'affirment, mais commme que tu le notifies, notre indentité n'a pas été confirmée ! VOILA !!!!
Je pars donc vers une autre hypothèse qui s'éloigne de l'Ad Patres , connaîssant de plus les recherches de The Secret Services of Her ( Dear ) Majesty . Il est totalement possible de replier le temps comme une petite feuille de papier. Et hop, on peut ainsi passer d'une époque à une autre...Tu me suis ?! C'est bien !
Alors, notre avion vrille, pique du nez, s'écrase au sol, mais nous, nous nous propulsons dans la dimension d'aujourd'hui pendant ce laps de temps ( qui est replié comme une feuille de papier !).
Par ailleurs, l'excellent film, "Passé Vituel" en fait une démonstration sans faille.
Voilà qui devrait te rassurer !
Moyennant quoi, l'univers reste et restera un immense mystère, et cela, je ne peux le nier. Et peut-être oui, ( à part notre cas personnel ) il est fort possible d'avoir vécu d'autres vies avant notre mort. Et je doute fort, qu'à part chercher un sens à notre vie, les scientifiques puissent arriver à donner un jour une explication à ces considérations métaphysiques ...
Tiens, cela ne te dis pas d'aller faire un petit tour vers les années 3075 pour voir ce qui se passe ?
Je vais attendre ta réponse planquée dans ton cactus favori : Il y a longtemps que je n'ai pas goûté à son nectar enivrant, et mine de rien, avec toutes ces émotions, j'ai bien besoin d'un petit remontant légèrement alcoolisé !
Allez, Hugs & Hugs , My friend Philippe...
http://pantherspirit.centerblog.net


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